Bourse : Spéculation à la baisse et vente à découvert, comment ça marche ?

Vente à découvert : le vilain petit canard de la bourse ? Ce mécanisme qui permet aux spéculateurs de revendre des titres qu’ils n’ont pas en leur possession pour engranger un gain plus tard lors du rachat de ses titres est en partie à l’origine de l’accélération de la baisse des cours boursiers ses dernières semaines. Explications....

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 l’AMF suspend les ventes à découvert

Vendredi 12 août 2011, l’autorité des marchés financiers (AMF) a décidé de suspendre la vente à découvert de 11 titres financiers à la Bourse de Paris pour au moins deux semaines. Ce sont les valeurs bancaires qui ont été visées par l’AMF afin de les protéger, avec en tête, les titres de la Société Générale, du Crédit Agricole et de BNP Paribas.

Alors pourquoi une telle intervention, et en quoi consiste exactement la vente à découvert ?

[(Infos Plus :
- Bourse / Valeurs bancaires : Les ventes à découvert interdites temporairement)]

 SRD, pierre angulaire de la vente à découvert

Lorsqu’on s’intéresse à la spéculation boursière, ce qui vient à l’esprit automatiquement, c’est la spéculation à la hausse, c’est à dire le fait d’acheter un titre en misant sur sa hausse pour effectuer plus tard une plus-value en revendant le titre.

Pourtant, une autre forme de spéculation existe : la spéculation à la baisse. Beaucoup moins connue que la précédente, et surtout beaucoup plus complexe cette forme de spéculation difficile à cerner repose en faite beaucoup sur la vente à découvert.

La vente à découvert repose en faite sur le Service de Réglement et livraison Différé (SRD). Ce service permet à l’investisseur de bénéficier d’une période de crédit lors de ses opérations boursières. Le règlement et la livraison des titres liés aux opérations stipulées SRD sont donc différés.

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[(Infos Plus :
- SRD, Qu’est ce que c’est ?)]

 La vente à découvert, qu’est ce que c’est ?

Schématiquement, la vente à découvert consiste à "emprunter virtuellement" un titre. Ce titre, on devra ensuite le "rendre" à son courtier pour être à l’équilibre. Et c’est précisément sur ce point que s’effectue la spéculation à la baisse.

Ainsi, les spéculateurs qui anticipent une chute des cours et veulent spéculer à la baisse sur un titre font tout simplement une vente à découvert sur ce titre pour espérer récupérer un gain lorsqu’ils le rachèteront à un cours moindre pour solder leur position sur ce titre auprès de leur courtier.

Prenons un exemple simple :

Un spéculateur X désire spéculer à la baisse sur le titre A. Le titre A est côté à 100 euros sur le marché Boursier. Afin de spéculer à la baisse, il décide donc de vendre à découvert 10 titres A qu’il devra ensuite racheter pour solder sa position sur le titre le jour de la liquidation.
En d’autres termes, notre spéculateur X va se mettre en position "débiteur" auprès de son courtier sur le titre A et devra à la fin du mois (le jour de la liquidation) être à l’équilibre, c’est à dire racheter les 10 titres qu’il avait vendu à découvert [1]. Dans tous les cas, il est important de comprendre qu’à aucune des étapes de sa spéculation, il ne possède "réellement" les titres A.
Ainsi, notre spéculateur X revend les 10 titres A au prix de 100 euros l’unité et récupère donc 1000 euros. quelques jours plus tard, le cours du titre A diminue et atteint 80 euros. Le spéculateur A choisit alors de racheter 10 titres A sur le marché boursier à 80 euros l’unité pour un total de 800 euros et ainsi se remettre à l’équilibre, pour le titre A, vis à vis de son courtier.
Dans ce scénario, notre spéculateur aura donc effectué un gain de 200 euros puisqu’il avait vendu les 10 titres A pour 1000 euros et les a racheté 2 jours plus tard pour 800 euros. Il a donc bien réussi à spéculer à la baisse sur le titre A.
Evidemment, si le titre A avait grimpé pour atteindre 120 euros, notre spéculateur aurait engrangé une perte nette de 200 euros.

Ce type d’opérations, très risquées, n’est possible auprès d’un courtier qu’avec un profil dit "risqué", les investisseurs novices n’ont pas accès à ce genre d’opération.

Mais alors pourquoi ce mécanisme met il en danger les titres ?

 Le cercle vicieux de la spéculation à la baisse

Là encore c’est en réalité assez simple. En mettant en place un système de vente à découvert, les banques et les courtiers engendre un mécanisme accumulateur qui vient accentuer les pertes sur un titre déjà en difficulté.

En effet, avec la possibilité d’effectuer d’énormes gains en spéculant à la baisse, les courtiers vendent massivement à découvert des titres en baisse dans l’espoir de les racheter plus tard à bas prix ce qui provoque inéluctablement la baisse des cours.

On est donc bien en présence d’un mécanisme cumulatif, ou autrement dit d’un cercle vicieux, puisque les investisseurs revendent des titres dans l’espoir de voir leurs cours baisser et se faisant font effectivement baisser les cours. La fin de cette accumulation ne peut s’arrêter que lorsque les rachats sont supérieurs aux reventes, ou que les perspectives de gains sur la spéculation à la baisse sont trop faibles.

De plus, lorsqu’on vend à découvert, on ne doit "couvrir" que 20 à 40% de la somme des titres qu’on vend on peut donc garder le reste de son "cash" pour effectuer d’autres opérations spéculatives, ce qui accentue encore évidemment la spéculation totale sur les marchés financiers.

[1un spéculateur peut choisir le jour de la liquidation de reporter sa position "débiteur" sur le titre en question jusqu’au prochain jour de liquidation le mois suivant, mais doit pour cela s’acquitter de certains frais

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