
Dividende exceptionnelle de 1,58 euro de Bolloré (FR0000039299) versé en juin 2026, faut-il en croquer ?
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La faiblesse de l’inflation en zone euro, confirmée en mars, ne suffira pas à pousser la Banque centrale européenne (BCE) à aller au-delà des mots lors de sa réunion de politique monétaire jeudi, de l’avis des analystes.

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Le mois dernier, les prix n’ont augmenté que de 0,5% dans la région, après +0,7% en février, soit loin de l’objectif de la BCE de maintenir l’inflation proche de 2%.
Toutefois, ces mauvais chiffres, signes pour certains d’un glissement progressif vers la déflation, synonyme de marasme économique, "ne vont probablement pas déclencher d’action (de la BCE)", souligne Marco Valli, économiste chez UniCredit.
Annalisa Piazza, de Newedge, constate aussi que le niveau des prix de mars a été en grande partie dicté par des effets saisonniers, comme des fêtes de Pâques plus tardives, et qu’un rebond est attendu dès avril. Selon elle, la BCE ne s’achemine donc pas vers une baisse de son principal taux directeur, déjà au plus bas, à 0,25%, pour stimuler l’activité, et par ricochet les prix.
"Aussi longtemps que l’inflation basse ne mène pas à des prévisions déflationnistes, la BCE doit pouvoir vivre avec", renchérit Carsten Brzeski, d’ING.
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Or pour le moment la BCE s’accroche à la perspective de voir les prix reprendre progressivement de l’élan au cours des années à venir. Si, pour 2014, elle attend une inflation de 1%, elle devrait être de 1,3% l’an prochain et de 1,5% en 2016, selon ses dernières projections.
En outre, la BCE peut compter sur la confirmation de ses prévisions d’une reprise économique progressive pour plaider en faveur du statu quo.
En mars, la croissance du secteur manufacturier s’est vérifiée pour le neuvième mois consécutif, et l’écart s’est amenuisé entre les principales économies de la région. Quant au chômage, il est resté sous la barre de 12% en février, avec un nombre de chômeurs en recul.
"En résumé, l’économie fait exactement ce que la BCE prévoyait", dit Carsten Brzeski, soulignant que ni la crise dans les pays émergents, ni celle en Crimée n’ont pour l’instant fait dérailler la reprise.
Pour autant la discussion risque d’être animée au sein du conseil des gouverneurs de l ?institution monétaire de Francfort, juge Christian Schulz, de la banque Berenberg. Il note que même les plus orthodoxes de ses membres -dont le patron de la banque centrale allemande Jens Weidmann- ont pris la parole la semaine dernière pour souligner que la BCE disposait de plusieurs instruments pour contrer une éventuelle déflation. Outre la baisse de son taux directeur, existe la possibilité de racheter des actifs privés aux banques pour relancer le crédit et ainsi encourager l’investissement.
Sont également régulièrement évoqués la possibilité de faire passer le taux de dépôt -celui auquel les banques placent leurs surplus de liquidités auprès de la BCE pour 24 heures- en territoire négatif, ou un nouveau prêt de très longue durée aux banques.
Mais la plupart des analystes pensent que la BCE va finalement opter pour l’inaction, comme au cours des derniers mois, afin de garder une marge de manoeuvre en cas de dégradation brusque de la situation. "La meilleure option pour la BCE est une intervention verbale et pas d’action tangible nouvelle", pense notamment Carsten Brzeski.
Un autre sujet d’interrogation est l’attitude qu’adoptera la BCE face à la hausse de l’euro, qui risque de pénaliser les exportations et de faire baisser le prix des importations, faisant encore fléchir l’inflation. Après une offensive orale mi-mars qui avait contribué à contenir la flambée de la monnaie unique, M. Draghi a répété récemment qu’il ne s’agissait "pas d’un objectif" de la politique monétaire de la BCE mais qu’"il est très important pour la stabilité des prix et pour la croissance".


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