Retour gagnant des cours du pétrole, en forte hausse, mais la mésentente de la zone euro peut faire peur

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La Bourse de Paris revient dans le vert grâce au pétrole et aux déconfinements (2,31%)

A 09H29 , l’indice CAC 40 prenait 101,19 points à 4.479,42 points. La veille, l’indice parisien avait fini en fort repli de 4,24%, un recul qui s’ajoutait aux 2,12% déjà perdus jeudi dernier. Les indices européens sont "en hausse ce matin dans le sillage du début du déconfinement aux États-Unis" avec toutefois toujours une certaine "nervosité qui règne avec les tensions persistantes entre Washington et Pékin concernant la gestion de la crise du coronavirus", a souligné John Plassard, spécialiste de l’investissement chez Mirabaud. La progression des cours du brut est largement étayée par la perspective d’une reprise de la demande avec les déconfinements progressifs en Europe, a également souligné Michael Hewson et ce contexte joue aussi en faveur des places européennes. "La séance du jour se focalisera sur un événement très technique", à savoir une décision de la justice allemande sur le programme d’achat de la BCE, a noté pour sa part Tangi Le Liboux, un stratégistedu courtier Aurel BGC.

Après des années de procédure, la Cour suprême de la justice allemande doit en effet rendre mardi un arrêt crucial sur la validité des rachats de dette publique de la Banque centrale européenne, menés depuis 2015 et renforcés face à la pandémie de coronavirus. "En fonction de la position qui sera exprimée, il n’est pas impossible que la BCE se retrouve plus ou moins contrainte dans sa capacité d’action, mais sans doute pas à court terme car cet avis pourrait inaugurer, en fonction de (son) contenu, un nouveau feuilleton judiciaire", aestimé M. Le Liboux. Mais selon lui, "la plupart des observateurs se montrent toutefois confiants et estiment que la Cour de Karlsruhe ne prendra pas le risque d’entraver la politique monétaire". La balance commerciale du mois de mars et l’activité dans les services ISM en avril aux Etats-Unis figurent à l’agenda des indicateurs du jour.

Du côté des valeurs, les publications se poursuivaient, avec des effets toujours visibles de la pandémie dans les comptes des entreprises.

  • BNP Paribas bondissait de 4,30% à 28,28 euros. BNP Paribas anticipe un possible repli de jusqu’à 20% de son bénéfice net en 2020, conséquence de la crise sanitaire qui a déjà fait fondre de 33% son bénéfice au premier trimestre.
  • Le reste du secteur avait aussi le vent en poupe. Société Générale prenait 3,35% à 13,59 euros et Crédit Agricole 5,65% à 7,29 euros.
  • Total décollait de 6,07% à 32,34 euros en dépit d’unbénéfice net en chute de 99% au premier trimestre, les investisseurs saluant surtout la perspective du versement d’un dividende en 2020.
  • Essilor Luxottica prenait 0,37% à 107,40 euros, soutenu par la bonne dynamique globale du marché malgré des ventes en chute de plus de 10% au premier trimestre en raison du virus.
  • Lagardère montait de 0,33% à 15,25 euros. L’avenir d’Arnaud Lagardère et du groupe qu’il dirige se joue mardi lors d’une assemblée générale à huis-clos, qui révèlera si l’héritier réputé indétrônable, appuyé par des grands patrons intéressés, a su bloquer le fonds activiste qui exige des comptes.
  • Bonduelle était dynamisé (+3,25% à 20,65 euros) par un chiffre d’affaires en hausse de plus de 10% de janvier à mars grâce aux chariots bien remplis des consommateurs confinés, même si le groupe agroalimentaire s’attend à pâtir davantage de l’arrêt de la restauration hors foyer au trimestre suivant.