Les tensions sino-américaines font chuter le CAC 40 (-1,32%)

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 La Bourse de Paris rattrapée par les tensions sino-américaines (-1,32%)

L’indice CAC 40 a perdu 67,1 points à 5.037,12 points. La veille, il avait légèrement progressé de 0,22%. La cote parisienne a passé toute la journée dans le rouge, tombant sous les -1% dès la matinée pour rester autour de ce seuil le reste de la séance. "Les marchés ont le sentiment qu’une nouvelle étape a été franchie" dans l’escalade de tensions entre les Etats-Unis et la Chine, a estimé auprès de l’AFP Alexandre Baradez, un analyste de IG France. Les États-Unis ont ordonné mercredi à la Chine de fermer son consulat à Houston sans donner beaucoup de détails sur ses motivations. Pékin a menacé Washington de "représailles." "C’est la première fois qu’on commence à voir une actionau niveau diplomatique", autre que les sanctions contre des responsables chinois par rapport à la situation à Hong Kong explique M. Baradez.

Ces actions viennent au lendemain de premières déclarations du secrétaire d’État américain Mike Pompéo, évoquant "la menace que représentele Parti communiste chinois".
Les points d’achoppement ne manquent pas entre les deux superpuissances, entre la situation à Hong Kong, les relations commerciales, la gestion de l’épidémie de Covid-19, ou encore la position vis-à-vis de Huawei. "Donald Trump nous a habituésà ses communications sur la Chine, mais cette fois elle vient du secrétaire d’État, plus crédible et dont le rôle est stratégique. Nous ne voyons pas pourquoi ces tensions retomberaient d’un coup, cela semble être plus le début que la fin de quelque chose", analyse M.Baradez.

 Prudence

Signe de l’importance du mouvement, l’effet s’est ressenti sur d’autres marchés. Ce climat de prudence a joué en faveur des actifs obligataires, considérés comme des refuges, entraînant une claire détente de l’ensemble du marché de la dette.
Avec la conclusion de l’accord européen pour un plan de soutien massif à l’économie mardi, le marché des actions temporise.
Depuis les prémices du plan avec l’entente franco-allemande à la mi-mai "le CAC 40 s’est apprécié de 20%", rappelle M. Baradez.
"Le marché est plus attentiste, avant de nouveaux éléments, par exemple macro-économique avec les indices PMI vendredi" concernant l’activité en France et au Royaume-Uni, pour poursuivre la tendance haussière ou accentuer l’essoufflement, développe-t-il.

Sur le plan sanitaire, la pandémie pèse toujours sur l’économie mondiale, que ce soit aux États-Unis, pays le plus touché, ou le Japon. Le président Donald Trump a, dans une soudaine volte-face, admis pour la première fois que la pandémie de coronavirus prenait des proportions "inquiétantes" dans une partie des États-Unis et recommandé le port du masque.

La gouverneure de Tokyo a appelé mercredi ses administrés à rester chezeux à la veille d’un long week-end au Japon, alors que le nombre de nouveaux cas quotidiens est en nette augmentation dans la capitale nippone.
Valeo a reculé de 5,08% à 23 euros, plombépar l’annonce de la suppression de 12.000 postes dans le monde au premier semestre et des résultats nettement dans le rouge.
Les autres équipementiers Michelin (-3,16% à 93,78 euros) et Faurecia (-1,54% à 34,46 euros) sont tombés dans son sillage.
Les investisseurs ont salué les résultats d’Orpea (+7,42% à 108,60 euros), Somfy (+13,56% à 98,80 euros), et de Voltalia (+2,71% à 16,66 euros), mais ont sanctionné ceux de Covivio (-2,32% à 63,20 euros).
Ipsen a profité allègrement (+4,94% à 81,85 euros) d’un relèvement de recommandation par JPMorganà "surpondérer".
Antalis a dégringolé de 16,88% à 0,77 euro après la finalisation de sa reprise par le japonais Kokusai Pulp and Paper (KPP).