Les indices boursiers européens dopés par l’emploi américain, s’emballent... Pas un peu trop vite ?

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 Les marchés européens comblés par l’emploi américain

Toutes les places européennes ont été à la fête : Francfort a bondi de 2,84%, Paris a gagné 2,49% et Londres 1,34%. Madrid s’est envolé de 3,75% et Milan a progressé de 2,88%. Wall Street profitait également, mais dans une moindre ampleur, de ces chiffres et évoluait dans le vert à la fermeture des marchés européens. "Les chiffres de l’emploi en juin aux États-Unis sont une énorme surprise mais c’était déjà le cas la fois précédente", lors de la publication des chiffres de l’emploi en mai, a souligné auprès de l’AFP Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille à Mirabaud France. "On regardait encore les chiffres de mai [chômage à 13,3% contre près de 20% anticipé] avec scepticisme en raison des restrictions sur la collecte des données", mais ce doute est balayé avec ces nouveaux résultats, poursuit M. Rozier.
L’économie américaine a créé 4,8 millions d’emplois en juin, un record sur un mois, bien plus que les estimations des analystes. En conséquence,le taux de chômage s’établit à 11,1% contre 13,3% en mai, les estimations tablant sur 12,6%.

Le niveau antérieur au Covid-19, un taux de chômage à 3,5%, est encore loin, mais "ces chiffres donnent du crédit à la perception d’une reprise en V", avec un retour rapide à la situationpré-crise, estime Frédéric Rozier.

 Situation sanitaire dégradée

Toutefois, le scénario en "V" de l’emploi semble "peu probable" pour John Plassard, spécialiste de l’investissement de Mirabaud, qui rappelle que "selon de nombreuses études, jusqu’à 50% des personnes ayant perdu leur emploi à cause du coronavirus ne devraient pas retrouver de travail avant la fin de l’année". La reprise est en plus soumise à l’évolution de la situation sanitaire, qui ne cesse de se dégrader aux États-Unis. 50.000 nouvelles contaminations ont été recensées en 24 heures dans le pays, un record.

Ce rebond a poussé plusieurs États du sud du pays àréinstaurer des mesures de restrictions à quelques jours d’un week-end sensible, avec samedi la fête nationale du 4 juillet, traditionnelle occasion de réunions familiales et rassemblements.
Or, "2,8 millions des 4,8 millions" d’emplois créés l’ont été "dans des secteurs très exposés à de nouvelles fermetures et au ralentissement de la réouverture", comme le loisir, l’hôtellerie et la restauration, remarque Neil Wilson, analyste de Markets.com.

Les marchés évoluaient déjà en hausse avant les résultats américains, en partie "à la suite des annonces des laboratoires Pfizer et BioNTech à propos de résultats positifs de leur essai de médicaments" contre le Covid-19, note David Madden de CMC Markets, et bien que "les résultats n’ont pas été examinés par une revue médicale".

A Londres, la compagnie aérienne EasyJet a gagné 2,18% à684,20 pence et le voyagiste TUI 3,99% à 396,20 pence, bénéficiant de l’espoir de voir des ponts aériens mis en place entre le Royaume-Uni et certains pays du sud de l’Europe pour éviter la quarantaine imposée aux voyageurs arrivant sur le sol britannique.
Associated British Foodsa vu les ventes de son enseigne d’habillement Primark plonger de 75% entre avril et juin en raison du confinement. Mais il observe des signes "encourageants" dans les magasins qui ont rouvert et a progressé de 4,15% à 2.046 pence.
Wirecard a une nouvelle fois dégringolé, de 35,42% à 3,10 euros. Un de ses grand investisseurs, le groupe japonais Softbank, a mis fin à la coopération qu’il avait sur des grands projets avec le prestataire de services de paiement allemand au coeur d’un scandale financier, écrit l’agence DPA. Softbank n’a pas commenté.