Le CAC 40 tente de ne plus chuter, ce n’est pas gagné

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 La Bourse de Paris tente de se stabiliser (+0,11%)

Depuis l’ouverture, la cote parisienne tente de reprendre un peu confiance, alternant entre le rouge et le vert. Les opérateurs de marché redoutent "une nouvelle vague de coronavirus et que le rebond entamé à la mi-mars soit terminé", explique John Plassard, spécialiste de l’investissement chez Mirabaud. "La chute de Wall Street et des marchés européens de jeudi illustre à merveille l’incertitude du moment", souligne de son côté Tangi le Liboux, analyste chez Aurel BGC. "Dans cet environnement si particulier, les baisses sont violentes mais brèves." Depuis le début de la crise sanitaire, les marchés ont connu plusieursséances mouvementées et le recul brutal des indices jeudi est à replacer dans le contexte vertueux dans lequel ils évoluent depuis plusieurs semaines.

Cette semaine, "les marchés ont redécouvert l’existence du coronavirus après les mises en garde de l’OCDE et de la FED sur la possibilité d’une reprise économique lente et au moment où des Etats américains assistent à une accélération du nombre des nouveaux contaminés", explique M. Le Liboux. Les investisseurs anticipaient jusqu’alors un rebond rapide de l’activité économique, soutenu par les actions des banques centrales et les plans massifs de soutien mis en oeuvre par les gouvernements. Mais les institutions internationales ont mis à jour des scénarios beaucoup plus prudents dans leurs perspectives de croissance.

 Reprise économique en 2021 ?

Les investisseurs ne paraissaient pas non plus préoccupés par lerisque d’une rechute de la pandémie qui a fait plus de 417.000 morts à ce jour. Mais l’accélération des contaminations dans plusieurs Etats américains, comme au Texas et en Californie mais aussi au Brésil et en Afrique, a suscité des inquiétudes. Une deuxième vague épidémique pourrait ralentir la reprise économique. "L’incertitude a surtout trait à la reprise économique attendue en 2021", note de son côté Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.
"Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte et, surtout, beaucoup de points d’interrogation demeurent concernant les effets d’hystérèse liés au coronavirus et qui peuvent avoir un effet de long terme sur les comportements d’investissement et de consommation", ajoute-t-il.

Aux Etats-Unis, la Fed prévoit notamment une baisse de 6,5% du produit intérieur brut cette année avant un fort rebond de 5% en 2021 et une croissance plus modeste (3,5%) l’année suivante. Les investisseurs regarderont de près l’estimation préliminaire de la confiance des consommateurs américains (Université du Michigan) de juin et la production industrielle en zone euro (avril). Ils ont déjà pris connaissance de l’effondrement de 20,4% du produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni en avril sur un mois, en raison du confinement mis en place face à la pandémie, et du plongeon de 9,8% en avril sur un mois de la production industrielle au Japon.

Les valeurs défensives, qui servent de refuge quand la conjoncture faiblit, flanchaient vendredi sur la place parisienne : Danone cédait 1,20% à 61,12 euros, L’Oréal 1,10% à 261,80 euros et Sanofi 1,33% à 88,01 euros. En revanche, les valeurs foncières et financières, qui avaient profité de la remontée des indices la semaine dernière, repartaient à la hausse. Unibail-Rodamco-Westfield gagnait 4,20% à 57,14 euros. Société Générale prenait 1,59% à 14,55 euros, BNP Paribas 0,39% à 34,89 euros et Crédit Agricole 0,65% à 8,11 euros. Technicolor perdait 2,28% à 3,65 euros après avoir souhaité "avoir la possibilité" de demander l’ouverture d’une procédure de sauvegarde avancée. Teleperformance, qui rejoint l’indice CAC 40 le 22 juin, lâchait 1,62% à 206,90 euros.