La hausse des indices boursiers, sans volume, promet une belle chute à venir

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 Les Bourses européennes au beau fixe, ignorant la récession britannique

Paris a gagné 0,90%, Londres a pris 2,04% et Francfort est passé au-dessus du seuil des 13.000 points , ces trois principales places affichant leur quatrième séance de hausse de suite.
De leur côté Milan et Madrid ont pris 1,13% et 0,45%.
En plein coeur de l’été et en l’absence de nombreux investisseurs sur les marchés, la baisse du nombre d’ordres a traditionnellement tendance à exacerber les mouvements boursiers, à la hausse comme à la baisse, ce qui a notamment été le cas à Paris.
"C’est d’autant plus facile de faire monter les marchés sans volumes", souligne Thierry Claudé de la société d’investissement Kiplink Finance.
"Le marché veut y croire",ajoute l’expert. "Il y a beaucoup de liquidités disponibles. Tout le monde semble se dire que c’est sur les marchés boursiers qu’ils peuvent trouver les meilleurs rendements."

Au rang des bonnes nouvelles ayant participé à la bonne humeur ambiante, la production industrielle a augmentéde 9,1% en juin tant dans la zone euro que dans l’UE, après avoir rebondi en mai à la suite du déconfinement, a indiqué mercredi Eurostat, l’Office européen des statistiques.

 Point mort

La tendance resteégalement soutenue par la perspective d’un accord entre démocrates et républicains au Congrès sur un nouveau plan de relance massif de l’économie pour contrer les conséquences désastreuses du Covid-19.
Les négociations étaient pourtant au point mort mercredi, l’administration Trump accusant les démocrates d’éviter de trouver un accord qui pourrait jouer en la faveur du président républicain, à moins de trois mois de l’élection présidentielle.
"La plupart des acteurs du marché s’attendent encore à un compromis", estime Milan Cutkovic, analyste chez AxiCorp.
Le temps presse cependant : la pandémie a provoqué une contraction sans précédent de la plupart des grandes économies mondiales au deuxième trimestre, mis à part la Chine, les Etats-Unis voyant leur PIB chuter de 9,5% au deuxième trimestre, après un recul de 1,3% au premier.

 Chute record au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a subi au deuxième trimestre une chute "record" de 20,4% de son PIB et, sur les six premiers mois de l’année sa pire récession jamais enregistrée, selon des chiffres publiés mercredi.
Mais cela n’a apparemment pas affecté les investisseurs, certains attendant unebaisse plus marquée.
Sur le plan des valeurs, les banques européennes ont connu une séance favorable, notamment soutenues par une hausse des taux d’intérêt sur les obligations souveraines, source de marges supplémentaires pour elles.

A Paris Société Générale a gagné 0,72% à 14,31 euros, Crédit Agricole 0,64% à 9,09 euros, BNP Paribas 0,89% à 37,83 euros et AXA 0,65% à 17,95 euros.
Au Royaume-Uni, Standard Chartered a avancé de 2,43% à 438,50 pence, et en Allemagne, Deutsche Bank a pris 0,28% à 8,26 euros.
Les rendements sur les dettes souveraines à dix ans ont connu une petite tension à travers l’Europe : en Allemagne à -0,45%, en France à -0,18%, en Italie à 0,96% et en Espagne à 0,30%.
Les opérateurs télécoms ont avancé dans le sillage du câblo-opérateur suisse Sunrise qui a bondi après une offre de rachat de l’Américain Liberty Global.
A Paris, Orange a gagné 1,15% à 10,03 euros et Iliad 4,22% à 202,45 euros.