La Bourse de Paris en net recul, plombée par l’Italie (-1,56%)

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La Bourse de Paris en net recul, plombée par l’Italie (-1,56%)

A 10H04 , l’indice CAC 40 perdait 85,72 points à 5.423,21 points. La veille, l’indice a reculé de 0,61% à 5.508,93 points.

"Ce renouveau del’aversion au risque s’explique par la perspective, évoquée par certains, de nouvelles élections" en Italie qui "pourraient très clairement conforter la Ligue du Nord", parti nationaliste, ont expliqué dans une note les analystes de Saxo Banque.

"En effet, les derniers sondages montrent qu’elle pourrait gagner des voix et des sièges, devenant un acteur institutionnel et politique encore plus incontournable que maintenant", ont-ils complété.

Dimanche, le président Sergio Mattarella a refusé de nommer un ministre des Finances eurosceptique choisi par les populistes, ce qui a ouvert la voie à une crise politique sans précédent dans le pays, la troisième économie de la zone euro.

Cette décision a contraint le chef du gouvernement désigné Giuseppe Conte à renoncer à être Premier ministre. Elle a aussi immédiatement provoqué la fureur de Luigi Di Maio, le chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), et de Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), majoritaires au Parlement, qui avaient négocié un programme et un gouvernement d’union.

Carlo Cottarelli, incarnation de l’austérité budgétaire, aété chargé par le président de proposer un gouvernement mais il a peu de chance d’obtenir la confiance d’un Parlement dominé par les populistes eurosceptiques.

Par ailleurs, "les investisseurs réalisent que la sortie de l’euro est au coeur du logiciel de la Ligue et du M5S, même sicette idée avait été enterrée pendant la campagne afin de ne pas effrayer les électeurs", ont souligné pour leur part les analystes du courtier Aurel BGC.

"Tant que la situation italienne ne sera pas apaisée, il est probable qu’on assiste à un regain de volatilité en bourse qui pourrait être également lié aux négociations entre la Corée du Nord et les Etats-Unis", a jugé Saxo Banque.

- Bancaires à la traîne-

Les investisseurs rechignaient d’autant plus à prendre des risques en raison de la situation politique également sous tension en Espagne. Vendredi, les socialistes ont déposé une motion de censure pour tenter de renverser le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. La chambre des députés a annoncé lundi que cette motion de censure serait débattue jeudi et vendredi.

Côté indicateurs, hormis la confiance des consommateurs aux Etats-Unis (Conference Board), les investisseurs avaient peu de choses à se mettre sous la dent.

En ce qui concerne les valeurs, le secteur bancaire était toujours à la traîne, en raison des incertitudes politiques en Italie. BNP Paribas perdait 3,64% à 57,71 euros, Natixis 3,14% à 6,36 euros, Société Générale 2,80% à 39,21 euros et Crédit Agricole 3,45% à 12,02 euros. Ce dernier a par ailleurs annoncé la signature d’un accord avec Bankia, quatrième banque espagnole, en vue de créer une coentreprise de crédit à la consommation en Espagne.

Total cédait 1,24% à 50,13 euros. Le groupe pétrolier et gazier a signé lundi une série d’accords avec l’Angola, dont le président est actuellement en visite à Paris, et annoncé le lancement d’un nouveau projet pétrolier au large du pays.

Elior Group perdait 1,61% à 14,66 euros, affectépar une baisse de 36,2% de son bénéfice net, au premier semestre de son exercice décalé 2017-2018, à 37 millions d’euros. Le groupe a toutefois confirmé ses perspectives annuelles, récemment revues à la baisse.

AB Science perdait 0,85% à 4,69 euros, après avoir renoncé lundi àfaire réexaminer le dossier de demande d’autorisation en Europe de sa molécule phare masitinib dans le traitement de la maladie de Charcot. La biotech française évalue désormais la possibilité de soumettre un nouveau dossier.

L’opérateur de satellites SES gagnait pour sa part 3,14%à 14,12 euros, stimulé par un relèvement de sa recommandation à "neutre" contre "sous-performance" auparavant par Morgan Stanley.

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