La Bourse de Paris digère la Fed (-0,30%) en attendant les annonces de Trump

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La Bourse de Paris digère la Fed (-0,30%) en attendant les annonces de Trump

A 09H30 , l’indice CAC 40 reculait de 15,54 points à 5.224,20 points. La veille, il avait fini en léger repli de 0,24%.

"Comme prévu, la banque centrale américaine a bien augmenté son taux directeur de 25 points de base. Les projections économiques n’ont pas réservé de surprise majeure : la croissance attendue a été relevée, le taux de chômage abaissé tandis que les prévisions d’inflation restent stables. Elles vont dans le sens de trois hausses de taux cette année, et non pas quatre comme l’ont craint certains investisseurs depuis quelques semaines", a résumé dans une note Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

Le nouveau président de la Fed, Jerome Powell a ainsi "essayé de ménager la chèvre et le chou", selon lui.

"Afin de neutraliser l’impact potentiellement négatif de la hausse des taux sur la bourse, son discours fut marqué par un ton très accommodant, soulignant notamment qu’au regard des données économiques en possession de la banque centrale, il n’y a aucun risque d’accélération de l’inflation", a complété M. Dembik.

De fait, dans le sillage de la décision de la Fed et de la conférence de presse de M. Powell, les taux souverains américains de longue échéance sont repartis à la baisse, tout comme le dollar, qui a reculé face à l’euro.

Mais pour Michael Hewson, un analyste de CMC Markets, c’est surtout les dernières annonces de Donald Trump en matière de politique commerciale qui devraient maintenir la fébrilité sur les marchés.

Le président américain doit dévoiler jeudi de nouvelles sanctions commerciales contre la Chine, qu’il accuse de vol de la propriété intellectuelle au détriment des entreprises américaines, renforçant les craintes d’un grave conflit commercial mondial.

"Si le montant s’élève effectivement à plusieurs dizaines de milliards de dollars, les marchés ont de quoi s’inquiéter", ont abondé les stratégistes du courtier Aurel BGC.

Ce jeudi, c’est au tour de la Banque d’Angleterre de rendre sa décision de politique monétaire,sans changement attendu.

Du côté des indicateurs, le climat des affaires en France a de nouveau légèrement fléchi en mars, tout en se maintenant à un niveau "favorable", avec de bonnes perspectives du côté de l’emploi, selon l’Insee.

Toujours dans l’Hexagone, la croissance du secteur privé a elle aussi de nouveau ralenti en mars, tout en restant à niveau élevé, selon l’indice PMI publié par le cabinet IHS Markit.

Le marché prendra aussi connaissance du baromètre Ifo du moral des entrepreneurs allemands.

Les ventes au détail pour le mois de février au Royaume-Uni ainsi que les demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux Etats-Unis complèteront l’agenda.

- Ingenico et Altran à la traîne -

Sur le front des valeurs, Wendel perdait 1,11% à 142,30 euros après que la société d’investissements a annoncé unretour dans le vert en 2017 et un changement dans sa gouvernance, avec l’arrivée prévue de Nicolas ver Hulst à la tête du conseil de surveillance.

Altran cédait 3,39% à 13,39 euros. Le groupe français de conseil en technologie a lancé une augmentation de capital de 750 millions d’euros, pour financer en partie l’acquisition du groupe américain Aricent, désormais effective, ce qui, selon le courtier Gilbert Dupont, se traduira par une décote de quelque 33% du cours de l’action.

Ingenico Group pâtissait (-4,18% à 63,72 euros) d’un abaissement de sa recommandation à "conserver" par Kepler Cheuvreux.

Esso SAF progressait à l’inverse de 3,43% à 46,80 euros, sans être affecté par un bénéfice net 2017 en fort recul, pénalisé par des effets de stocks.

Maisons France Confort (MFC) gagnait en revanche 2,22% à 55,20 euros. Le constructeur de maisons individuelles table sur un chiffre d’affaires en hausse et une rentabilité opérationnelle "de bon niveau" en 2018, après avoir vu son bénéfice net bondir de 84% l’an dernier.

Trigano montait de 1,04% à 155,60 euros, bénéficiant d’un chiffre d’affaires en augmentationde 42,1% à 551,4 millions d’euros au deuxième trimestre (décembre-février) de son exercice décalé 2017/2018, porté par ses récentes acquisitions.

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