La Bourse de Paris cède à la morosité (-0,17%) en attendant Trump sur l’Iran

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La Bourse de Paris cède à la morosité (-0,17%) en attendant Trump sur l’Iran

L’indice CAC 40 a perdu 9,49 points à 5.521,93 points, dans un volume d’échanges de 3,2 milliards d’euros. La veille, il avait finien légère hausse de 0,28%.

La cote parisienne a ouvert en très léger recul et a progressivement élargi ses pertes au cours de la séance, réduisant son repli en toute fin de journée.

Malgré le calme lié à un jour férié en France et à un agenda largement dégarni, ledossier iranien a maintenu sous pression la place parisienne.

"Les marchés européens n’ont jamais décollé mardi. Les opérateurs ont été rivés au sort du dossier nucléaire iranien", a commenté dans une note Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group.

Donald Trumpdevait en effet annoncer mardi à 18H00 GMT, soit 20H00 à Paris, ce qu’il comptait faire sur l’accord conclu en 2015 pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, dont les États-Unis menacent de se retirer au risque d’ouvrir une période de fortes turbulences.

Même s’il n’y a"aucun doute que ce dernier se retire des accords et/ou propose un plan B, le doute ne bénéficie pas aux indices", ont souligné les experts de Mirabaud Securities, en ajoutant que "l’incertitude au sommet de l’État donne toujours lieu à une période de trouble boursier".

"Si Donald Trump décide de retirer les États-Unis de l’accord, une flambée des prix mondiaux du baril de pétrole pourrait intervenir et être très contre-productive compte tenu de l’impact à attendre sur la croissance mondiale et l’inflation", a également analysé Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

"Alors que les autres membres signataires de l’accord souhaitent son maintien, la réintroduction des sanctions américaines nuirait à la capacité de l’Iran à recourir pour ses paiements au dollar américain", a-t-il complété.

Selon l’expert, qui y voit "l’évènement le plus important pour le marché pétrolier depuis l’accord entre l’OPEP et la Russie en décembre 2016", une "réintroduction des sanctions pourrait conduire à abaisser d’environ 300.000 à 500.000 barils par jour la production iranienne".

Et "en cas desortie des États-Unis, l’envolée du baril de pétrole est quasi-certaine, sachant que le Brent brut" qui sert de référence mondiale, "a déjà considérablement augmenté ces dernières semaines, sous l’effet des tensions géopolitiques et aussi de l’effondrement continu et massif de la production du Venezuela" et cela provoquerait aussi une "aversion au risque dans un marché qui n’a vraiment pas besoin de cela en ce moment", a estimé M. Dembik.

Les investisseurs ont donc continué à surveiller plus que jamais le prix du baril de pétrole qui reculait mardi, après avoir atteint lundi son plus haut niveau en trois ans et demi.

- Secteur pétrolier en berne -

Du côté des indicateurs, l’agenda s’est résumé à quelques chiffres publiés avant l’ouverture des marchés européens, en particulier en Allemagne où l’excédent commercial a rebondi et la production industrielle a redémarré en mars.

En Chine, les exportations ont progressé plus vigoureusement qu’attendu en avril.

En matière de valeurs, Air France-KLM a limité ses pertes au lendemain d’une très forte baisse, alors que l’intersyndicale d’Air France a demandé mardi à la direction une reprise des négociations sur les salaires.

Le secteur pétrolier a reculé, pénalisé par la baisse des cours de l’or noir, qui se repliaient après avoir atteint la veille leur plus haut niveau depuis novembre 2014. Ainsi TechnipFMC a lâché 4,06% à 26,94 euros, Total -1,71% à 51,81 euros et Vallourec -2,06% à 4,90 euros.

LafargeHolcim a reculé de 2,18% à 45,87 euros, pénalisé par le recul de son Ebitda (résultat brut d’exploitation) de 7,7%, malgré une progression de son chiffre d’affaires de 3,1%.

Airbus a perdu 0,18% à 100,24 euros. Airbus Helicopters a annoncé avoir déposé un recours auprès des autorités polonaises contestant le projet de la police d’acheter deux hélicoptères à Sikorsky sans appel d’offres, une querelle de plus pour l’avionneur déjà en conflit avec le gouvernement.

Montagne Neige et Développement (MND) a cédé 0,23% à 4,31 euros, après la sanction prononcéepar la commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui a condamné à une amende de 400.000 euros la société et à 150.000 euros son dirigeant Xavier Gallot-Lavallée pour des manquements dans son information aux investisseurs.

Recylex a baissé de 2,54% à 9,96euros. SNCF Réseau a saisi la justice pour réclamer un dédommagement de 70 millions d’euros aux entreprises Recylex et Retia (groupe Total) après des travaux de remise en état d’une voie ferroviaire près de Marseille.

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