En France, on a pas de pétrole, mais on a du lithium à Beauvoir (Allier), et parfois, quelques bonnes idées !

La plus grande mine européenne de lithium devrait ouvrir en 2027 dans l’Allier, durée d’exploitation prévue de 25 ans. Une production de 34.000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an, de quoi équiper 700.000 voitures électriques. Les impacts écologiques en question.

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 Une mine de lithium en France à Beauvoir dans l’Allier

Le groupe de minéraux industriels Imerys a annoncé ce lundi dans un communiqué de presse la mise en exploitation minière d’ici 2027 d’un gisement de lithium dans l’Allier en France, qui sera « l’un des plus grands » d’Europe, et servira à accélérer la transition énergétique en alimentant l’industrie des voitures électriques.
Alessandro Dazza, Directeur général d’Imerys, a déclaré : « Je suis enthousiasmé par le potentiel de notre projet lithium et très fier du travail accompli par les équipes au cours des 18 derniers mois pour le développer. Une fois le projet Emili mené à bien, il devrait fournir une source domestique durable et compétitive d’approvisionnement en lithium pour les constructeurs automobiles français et européens et contribuerait largement à relever les défis de la transition énergétique. Tout au long du processus, Imerys s’engagera avec toutes les parties prenantes, des communautés locales aux décideurs politiques, dans un esprit d’ouverture et de transparence. Ce projet peut véritablement donner une nouvelle envergure à Imerys.  »

 Mine de Lithium à Beauvoir

  • Un objectif de production de 34 000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium, ce qui permettrait d’équiper environ 700 000 véhicules électriques par an
  • Une durée de vie de la mine d’au moins 25 ans, avec un fort potentiel d’augmentation
  • Une conception de l’exploitation destinée à répondre aux critères IRMA, référence de l’exploitation minière responsable
  • Une empreinte carbone plus réduite que les opérations existantes d’extraction de roches lithinifères connues
  • Un fournisseur local et compétitif de lithium qui contribuerait à la transition énergétique française et européenne

 Un investissement de 1 milliard d’euros

L’investissement envisagé s’élève à un milliard d’euros pour exploiter pendant au moins 25 ans un gisement dont les « concentrations et quantités » ont été jugées « très attractives » au terme de 18 mois de sondages souterrains et d’études, a indiqué Imerys dans un communiqué. Le gisement « devrait fournir une source domestique durable et compétitive d’approvisionnement pour les constructeurs automobiles français et européens et contribuerait largement à relever les défis de la transition énergétique » a déclaré Alessandro Dazza, directeur général d’Imerys. Le lithium est l’un des composants essentiels des batteries destinées à remplacer les carburants fossiles pour les voitures. Il a été identifié comme « critique » par la Commission européenne en 2020.

 Une production de 34.000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an

L’Union européenne, qui s’est fixée pour objectif d’abandonner la voiture thermique en 2035 afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, affiche de nombreux projets d’usines de batteries électriques, mais manque cruellement de matières premières critiques comme le lithium, dont la Chine a le quasi-monopole, ainsi que celui des batteries. Le site de Beauvoir dans l’Allier héberge depuis 1850 une carrière produisant chaque année quelque 30.000 tonnes de kaolin, utilisé dans la fabrication de la porcelaine ou du carrelage. Il a été racheté en 2005 par Imerys. Depuis les années 1960, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) a identifié la présence de lithium dans le sous-sol de ce site, mais Imerys était jusqu’à présent resté extrêmement prudent sur la possibilité de l’exploiter, affirmant jusqu’au printemps dernier qu’il n’avait pas de confirmation de la teneur en lithium ni des méthodes à utiliser pour l’extraire de façon rentable. « En 2021 et 2022, Imerys a investi 30 millions d’euros », dont un million de fonds publics provenant d’un plan de relance français, pour financer une exploration et une analyse poussée du site.
« Selon les premières estimations, le projet permettrait d’atteindre une production de 34.000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an pour une durée d’au moins 25 ans », indique le communiqué. Imerys estime ses coûts de production « entre 7 et 9 euros le kilo », ce qui garantirait « un retour sur investissement intéressant ». Il promet à terme « 1.000 emplois directs et indirects dans la région Auvergne-Rhône-Alpes », répartis sur deux sites. Le premier sera la mine d’extraction souterraine du lithium, incrusté dans une roche de mica. Et le deuxième une usine de purification des minéraux et de transformation en hydroxyde de lithium, qui serait située à moins de 100 kilomètres de la mine et reliée par voie ferrée.
Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique a déclaré : « Je salue le lancement par Imerys de la première exploitation de lithium bas carbone en France. Ce projet, exemplaire sur le plan environnemental et climatique, réduira drastiquement nos besoins d’importation de lithium et permettra de produire près de 700 000 batteries de véhicules électriques par an. Il contribuera à l’objectif fixé par le Président de la République de produire 2 millions de véhicules électriques en France d’ici 2030 et sera soutenu par le Gouvernement.  »

 Une réponse aux enjeux de transition énergétique et de souveraineté industrielle

Ce projet est une réponse aux défis posés par la transition énergétique : il veut offrir une solution pérenne pour répondre aux ambitions européennes de décarbonation tout en augmentant la souveraineté de la France et de l’Europe par une réduction de leur dépendance aux importations. Le lithium – matière première et composant essentiel des batteries Lithium-ion – a été identifié comme critique par la Commission européenne en 2020. Son utilisation devrait connaître une croissance exponentielle dans les prochaines années.
Roland Lescure, Ministre Délégué à l’Industrie a déclaré : « Le lancement de la première mine de lithium sur le territoire national est une étape historique pour l’industrie française. L’exploitation d’Imerys permettra de couvrir plus d’un quart des besoins des futures gigafactories françaises, avec une empreinte carbone bien plus réduite que ses concurrents extra-européens grâce à l’électricité décarbonée de notre pays. Ce projet que nous soutenons dans le cadre du plan France 2030 s’inscrit dans la stratégie industrielle portée par le Gouvernement, qui vise à implanter sur le territoire national l’ensemble de la chaîne de valeur des batteries, des matériaux de base au recyclage. Il démontre que la transition écologique est aussi un facteur de réindustrialisation. »

 Un projet responsable

Fort de son expérience et de sa connaissance de la biodiversité locale, Imerys veut proposer, en ligne avec son code de conduite et les standards internationaux, un projet responsable et respectueux de l’environnement et des populations locales. Imerys s’engage à développer le projet en conformité avec la norme IRMA [6], référence de l’exploitation minière responsable. Dans cet esprit, le Groupe envisage l’utilisation de techniques d’exploitation minière souterraines afin de minimiser l’impact sur l’habitat naturel. L’élaboration du projet se fera en concertation avec l’ensemble des parties prenantes privées et publiques afin de concevoir un projet industriel responsable.

 Exploitation bas carbone

En plus de la réduction de l’impact sur son écosystème, Imerys vise à réduire les émissions de CO2 de son exploitation, afin de produire du lithium avec des émissions inférieures de moitié à celles de toutes les autres exploitations de lithium en roche dure existantes aujourd’hui dans le monde**. Les initiatives de réduction des émissions de CO2 incluraient une flotte minière électrique, le transport par conduits souterrains, par train, ou l’utilisation du mix électrique français à faible émission de carbone.
Agnès Pannier-Runacher, Ministre de la Transition Énergétique a déclaré : « Cette annonce d’Imerys d’une mine de lithium en France métropolitaine, que je salue et soutiens tant comme Ministre de l’Énergie et du Climat que comme Ministre des Mines, est bien plus qu’un projet industriel. Nous reprenons conscience que notre sous-sol constitue un actif stratégique. Le lithium qui sera extrait de manière responsable permettra d’une part de produire dans nos gigafactories les batteries nécessaires à l’électrification de nos activités, en cohérence avec nos objectifs au titre de Fitfor55 et du futur Critical Raw Material Act, et d’autre part d’assurer notre indépendance énergétique et industrielle en devenant leader des technologies nécessaires à l’atteinte de la neutralité carbone. »

 Un projet industriel ambitieux

Selon les premières évaluations, le projet permettrait d’atteindre une production de 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an pour une durée d’au moins 25 ans. Il s’agirait de l’un des plus grands projets d’extraction de lithium de l’Union européenne et pourrait, une fois pleinement opérationnel, équiper l’équivalent de 700 000 véhicules électriques en batteries lithium-ion.
Imerys finalise l’étude de cadrage technique afin d’explorer les différentes options opérationnelles et affiner les aspects géologiques et industriels relatifs au processus d’extraction et de transformation du lithium qui devra répondre à des critères techniques, environnementaux et économiques exigeants. Imerys évalue également le potentiel de valorisation de coproduits (feldspath, tantale, étain).
La production devrait débuter dans les 5 prochaines années, une fois les phases de laboratoire et de pilote industriels achevées. À terme, près de 1 000 emplois directs et indirects devraient être créés faisant ainsi de la région Auvergne Rhône-Alpes un centre d’excellence européen pour l’extraction du lithium des roches dures.
Une structure et un financement dédiés seront mis en place en temps voulu pour accompagner une réalisation rapide du projet Emili.

 Une parfaite adéquation stratégique avec le groupe Imerys de demain

Le projet vise à renforcer le leadership et l’expertise d’Imerys dans les composants pour batteries Li-ion et de compléter son offre de produits, comprenant le noir de carbone et le graphite synthétique sur ses sites de production de Willebroek (Belgique) et Bodio (Suisse). Ce projet d’Imerys dans le secteur du lithium s’inscrit dans l’évolution stratégique du Groupe vers le développement de son portefeuille d’activités de spécialités minérales axées sur l’énergie durable. Imerys organisera un webcast en direct aujourd’hui à 16h00 (CET) accessible depuis www.imerys.com. Plus de détails sur la stratégie du Groupe seront fournis lors de sa journée investisseurs le 7 novembre 2022.

 A propos d’Imerys

Leader mondial des spécialités minérales pour l’industrie avec un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros et 17 000 salariés en 2021, Imerys offre des solutions fonctionnelles à haute valeur ajoutée pour un grand nombre de secteurs, depuis les industries de procédés jusqu’aux biens de consommation. Le Groupe mobilise sa connaissance des applications, son expertise technologique et sa maîtrise des sciences des matériaux pour proposer des solutions basées sur la valorisation de ses ressources minérales, des minéraux de synthèse et des formulations. Celles-ci apportent des propriétés essentielles aux produits de ses clients et à leurs performances, comme par exemple réfractarité, dureté, conductivité, opacité, durabilité, pureté, légèreté, filtration, absorption, ou hydrophobie. Imerys s’inscrit dans une volonté affirmée de développement responsable en particulier pour contribuer à l’émergence de produits et procédés respectueux de l’environnement.

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