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La Banque Nationale Suisse (BNS) a décidé d’abandonner ce matin le cours plancher de l’EURCHF à 1,20 qui était en place depuis le 6 septembre 2011. A la place, la banque centrale a instauré un taux d’intérêt de référence négatif à -0,75%.

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Le cours plancher avait pour but de limiter l’appréciation du franc suisse dans un contexte de forte aversion au risque liée notamment à la crise souveraine européenne. En raison d’attaques spéculatives du cours plancher depuis plusieurs mois, le marché s’attendait à ce que la BNS introduise un taux de dépôt négatif pour renforcer le dispositif existant. Concrètement, cela aurait eu pour effet de réduire la proportion de positions longues sur le franc et donc de favoriser, par ricochet, l’appréciation de l’euro.
Cependant, personne ne s’attendait à l’abandon du cours du plancher sans mise en garde préalable. La réaction du marché fut immédiate : l’EURCHF est passé en quelques minutes de 1,20 à 0,9273. Il s’agit d’un mini krach. La crédibilité de la BNS est entamée. La dépréciation se poursuit encore et devrait durer, au moins, tant que la banque centrale ne se sera pas expliquée. Une conférence de presse est prévue à 13h15, heure française. Il est fort probable qu’elle annonce une nette dégradation de son bilan, ce qui pourrait justifier l’abandon du cours plancher.
Depuis plusieurs mois, la BNS était confrontée à une situation de plus en plus inextricable. En économie, on parle d’impossibilité trinité lorsqu’il est impossible de concilier simultanément à la fois un taux de change fixe, la libre circulation des capitaux et la souveraineté en matière de politique monétaire. C’est exactement la situation de la Suisse. Le problème s’est accentué depuis la fin du printemps 2014 sous l’effet des assouplissements monétaires successifs de la BCE qui ont un peu plus encore compliqué la capacité de la BNS à défendre le taux de change du CHF.
On peut clairement appréhender la décision de la Suisse comme une action préventive juste avant que la BCE ne lance son programme de rachats de dettes souveraines le 22 janvier prochain qui va encore un peu plus diluer la valeur de l’euro et faire échec à sa politique monétaire.
Toutefois, à moyen et à long terme, on voit toutefois mal comment la BNS pourrait cesser définitivement ses interventions sur les changes au regard de la nette dégradation du contexte macroéconomiques dans la Confédération caractérisé par une croissance atone et un risque important d’entrée en déflation.


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