Coronavirus : les places financières commencent à paniquer, le CAC 40 plonge (-2,68%)

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Journée noire à la Bourse de Paris (-2,68%) affolée par le coronavirus

L’indice CAC 40 a perdu 161,24 points à 5.863,02 points, dans un volume d’échanges nourri de 5 milliards d’euros. Vendredi, il avait fini en hausse de 0,88%. La cote parisienne a nettement débuté dans le rouge avant de creuser ses pertes tout au long de la journée pour terminer à son niveau le plus bas depuis début décembre 2019. "On ne parle que de ce virus ! C’est ce qui justifie cette baisse généralisée sur l’ensemble des places boursières", note Andrea Tuéni, analyste chez Saxo Banque. Les principales places européennes ont en effet toutes fini en baisse de plus de 2%, et les indices américains étaient également nettement dans le rouge. "Le spectre d’une contagion, d’une diffusion de cette épidémie et les risques que cela fait peser sur l’économie mondiale justifient la baisse sur le marché", explique M. Tuéni à l’AFP. "Cette baisse arrive dans un contexte où l’on était sur des niveaux quiétaient extrêmement soutenus. Tout prétexte est bon pour prendre des bénéfices", ajoute-t-il.

La propagation de cette épidémie de pneumonie virale venue de Chine fait craindre une fragilisation de l’économie du pays, déjà en voie de décélération. Plusieurs pays déconseillent à leurs ressortissants de se rendre dans la province du Hubei, dont Wuhan, la capitale, est l’épicentre de l’épidémie. L’Allemagne est même allée un cran plus loin en déconseillant de se rendre en Chine. La ville de Pékin a par ailleurs fait état de son premier décès dû au coronavirus. Le président américain Donald Trump a de son côté proposé lundi à la Chine l’aide des Etats-Unis pour contenir cette épidémie qui a déjà contaminé plus de 2.700 personnes et fait 81 morts. "Il faut voir comment la situation évolue, celapeut-être le cygne noir qui fait sortir les marchés de leur résistance à toute mauvaise nouvelle depuis un an et demi", estime M. Tuéni.

Si cette actualité éclipse tout le reste, quelques indicateurs étaient tout de même au menu de la journée.

Et ce n’est pas le moral des entrepreneurs allemands, en légère baisse en janvier alors que les analystes tablaient sur une hausse, qui pourra rassurer les marchés. Dans ce contexte, les résultats de plusieurs poids lourds de la cote américaine et européenne attendus cette semaine pourraient rester secondaires au vu de l’actualité.
Toutes les valeurs du CAC 40 ont terminé dans le rouge sans exception. Les secteurs dépendants du marché chinois ont été touchés de plein fouet, à commencer par le luxe. Kering , LVMH (-3,68% à 401 euros), Hermès (-4,30% à 680,40 euros) ont toutes trois essuyé de lourdes pertes. Le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics, lui aussi très exposé au marché chinois,a terminé en queue de peloton de l’indice, perdant 5,77% à 26,14 euros. Dans le tourisme, Accor (-3,48% à 36,85 euros) comme Air France (-5,64% à 8,44 euros) ont fini en nette baisse. PSA cédait de son côté 2,78% à 18,74 euros. Le groupe automobile a annoncé qu’il allait rapatrier ses expatriés et leurs familles vivant dans la région de Wuhan. SEB dévissait (-4,19% à 123,60 euros), en raison d’une baisse de recommandation sur le titre par HSBC d’"achat" à "conserver". Enfin, Capgemini se repliait "seulement" de 0,92% à 117,95 euros aprèsle succès de son OPA sur Altran (+1,24% à 14,69 euros), contestée par des actionnaires minoritaires, avec 53,57% du capital collecté, selon un avis de l’Autorité des marchés financiers (AMF).