Brexit / places financières : après Francfort, Paris, pourtant boudée au départ, en bénéficierait maintenant le plus

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L’édition 2018 du baromètre CFA Institute sur le Brexit a été menée auprès d’un panel de 974 professionnels de l’investissement, dont 233 issus du Royaume-Uni et 238 des autres pays de l’UE.

 Le Brexit va aboutir, sereinement

Si les professionnels de l’investissement sont plus confiants quant à l’aboutissement des négociations sur le Brexit, ils restent persuadés des répercussions négatives de ce divorce sur l’attractivité financière du Royaume-Uni, selon une étude CFA Institute publiée mercredi. Près de la moitié (49%) des professionnels de la gestion de portefeuille interrogés estiment que les négociations sur le Brexit donneront lieu à un accord commercial, qu’il soit global (25%) ou ne porte que sur les biens (24%).

La proportion est encore plus importante parmi les investisseurs se trouvant hors de l’Union européenne, notamment en Chine où 52% des sondés tablent sur la conclusion d’un accord commercial global, selon ce sondage annuel réalisé depuis 2016 par l’association internationale des professionnels de l’investissement.

Comparé à l’an passé, les professionnels de la finance sont nettement moins nombreux à envisager d’autres sorties de l’UE après le départ du Royaume-Uni (30% contre 59% en 2017).

Mais les gestionnaires d’actifs interrogés ne doutent pas des conséquences négatives de cette séparation d’avec l’Union européenne sur la compétitivité et le pouvoir d’attraction du Royaume-Uni.

 Des répercussions négatives anticipées pour le Royaume-Uni

Une écrasante majorité d’entre eux (80%) juge ainsi que le Brexit aura des répercussions négatives sur les profits réalisés au Royaume-Uni, et cette proportion grimpe même à 90% parmi les ressortissants de l’UE (hors Royaume-Uni).

Si les Britanniques sont légèrement moins pessimistes que les années précédentes concernant l’effritement de leur compétitivité sur le marché intérieur, ils sont toutefois 64% à estimer que le Brexit va mettre à mal la capacité de leurs établissements à attirer les meilleurs talents.

Toujours parmi les Britanniques, 67% des sondés anticipent que leurs établissements réduiront leur présence au Royaume-Uni, contre 62% en 2017. Le pourcentage atteint 76% chez les professionnels de l’UE, hors Royaume-Uni, contre 71% il y a un an.

"Si la nervosité que pointait CFA Institute dans sa dernière étude sur le Brexit retombe, les données les plus récentes font état de réelles préoccupations pour la compétitivité du Royaume-Uni en tant que centre financier", a commenté Will Goodhart, administrateur général de CFA Society UK, cité dans le communiqué.