Bourse : le nouveau plan de relance américain, un film à suspens insoutenable pour les investisseurs

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 Les Bourses européennes, scrutant le plan de relance américain, clôturent en ordre dispersé

A Paris, le CAC 40 a avancé de 0,28% à 4.889,52 points. La bourse de Londres a fini quasi-stable à 0,05%, Francfort a légèrement reculé de 0,36%, et Madrid a pris 0,67%.
Wall Street évoluait également en ordre dispersé à la mi-séance, le Dow Jones prenant 0,38%, l’indice S&P 500 gagnant 0,10%, mais le Nasdaq lâchant 0,06%.

 Feu vert, fumée blanche, ou derniers jours avant l’apocalypse ?

En attendant le feu vert du Congrès américain concernant un nouveau plan de relance, "l’absence d’accord maintient une pression sur les indices", juge David Madden, analyste pour CMC Markets. Républicains et démocrates poursuivaient mardi leurs discussions pourtrouver un accord sur une nouvelle aide pour les millions d’Américains au chômage à cause du Covid-19, mais aussi pour les entreprises en difficulté et les collectivités locales. Au coeur des désaccords entre les deux parties : une allocation chômage de 600 dollars par semaine, versée par le gouvernement fédéral en plus de l’allocation traditionnelle distribuée par chacun des 50 États. Les républicains veulent en diminuer significativement le montant, au contraire des démocrates.
Lundi en fin de journée, le président Donald Trump a déclaré envisager d’agir sans attendre le Congrès, par décret, pour empêcher les expulsions de locataires et alléger les charges salariales.
En dehors de ce jeu politique entre les deux parties, "il n’y a pas eu réellement de catalyseur aujourd’hui", remarque Philippe Cohen, gérant chez Kiplink, si ce n’est la statistique américaine favorable des commandes à l’industrie, qui a permis aux marchés européens de monter légèrement et à Wall Street d’avancer un peu au moment de l’ouverture.

 TikTok : quand cela devient totalement toc toc !

Toujours aux Etats-Unis, les acteurs du marché ont surveillé les suites de "l’affaire Tiktok", du nom de la très populaire application de partage de vidéos, propriété du chinois ByteDance, accusée par Washington de pouvoir être employée par les services de renseignement de Pékin.
L’application devra fermer sur le territoire américain le 15 septembre, à moins qu’elle ne soit acquise par Microsoft, a affirmé Donald Trump lundi, ajoutant que les caisses de l’Etat "devront recevoir un pourcentage conséquent du prix" de la vente.
"C’est de l’intimidation pure et simple", a réagi mardi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Malgré cette montée des tensions, "le dossier Tiktok est sur les rails, il a une probabilité assez forte de conclusion", souligne Philippe Cohen. "Mais d’autres sujets vont revenir sur la table avec la Chine jusqu’en novembre" en raison de la proximité de l’élection présidentielle américaine, estime-t-il.
"Les acteurs du marché sont sur leurs gardes quant à la possibilité que Pékin ne rende la monnaie de sa pièce sous une forme ou une autre", affirme de son côté David Madden.

 Taux d’intérêts

Sur le front du marché obligataire, les taux d’intérêt se sont détendus, le taux à 10 ans français reculant à -0,24%, le taux allemand à -0,56%, le taux italien à 0,95%, et le taux espagnol à 0,28%.

 Valeurs

Parmi les valeurs du jour, BP a grimpé (+6,48% à 299,25 pence). Le géant pétrolier a publié une énorme perte de 16,8 milliards de dollars au deuxième trimestre mais les investisseurs ont retenu une perte hors éléments exceptionnels moins forte que redouté.
Bayer a chuté de 2,43% à 57,05 euros. Le géant de la pharmacie et de l’agrochimie a affiché une perte nette de 9,5 milliards d’euros au deuxième trimestre, accusant un accord coûteux en juin pour solder le volet américain du litige sur le glyphosate et un important manque à gagner en raison de la pandémie de Covid-19.
Natixis a bondi de 7,85% à 2,24 euros après le relèvement de sa recommandation par plusieurs analystes, malgré une perte nette au deuxième trimestre.
Renault a connu la meilleure performance du CAC 40 avec une hausse de 6,79% à 22,42 euros, lui permettant de rebondir après un creux durant plusieurs séances, consécutif à la publication de ses résultats fin juillet. Peugeot a pris poursa part 3,41% à 14,41 euros.