Bourse : la deuxième vague ? Le CAC 40 s’enrhume (-2,82%), plus de peur que de mal ?

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La Bourse de Paris plombée par la peur d’une deuxième vague (-2,82%)

A 09H50 , l’indice CAC 40 chutait de 136 points à 4.702,99 points. Vendredi, il avait légèrement rebondi de 0,49% aprèsquatre séances consécutives de repli, dont une chute de 4,71% jeudi. "La peur croissante qu’une seconde vague de Covid-19 ne touche l’économie mondiale pèse sur le moral des marchés en ce début de semaine", note Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank. Cette crainteavait émergé dès la fin de semaine précédente, alors que le nombre de contamination aux États-Unis peine à descendre sous le plateau des 20.000 nouvelles contaminations par jour, avec toujours des niveaux préoccupants dans certains États, comme la Floride. Elle a été renforcée pendant le week-end alors que la pandémie a fait son retour en Chine. 57 nouveaux cas ont été découverts en 24 heures, dont 36 liés à un marché de gros à Pékin, le plus haut chiffre quotidien depuis avril.

Une dizaine de nouvelles zones résidentielles de la capitale chinoise ont été placées sous un strict confinement. "Les marchés ont besoin de penser que les choses vont dans la bonne direction pour monter. C’est le rythme du changement qui compte, donc les nouvelles vagues de cas sont prises comme un signal de vente", détaille Neil Wilson de market.com. C’est pourquoi en Europe, ces nouvelles "freinent l’optimisme généré par l’ouverture des frontières de plusieurs pays pour permettre le tourisme" à partir de lundi, estime Jasper Lawler de London Capital Group.

En France, le président Emmanuel Macron a annoncé dimanche unnouvel assouplissement des mesures de déconfinement, avec notamment la réouverture des bars et des restaurants dans toute la France métropolitaine. "Le gros de l’épidémie (de Covid-19) est derrière nous", a affirmé lundi le ministre de la Santé Olivier Véran, sur LCI, tout en soulignant que la lutte contre le coronavirus n’est pas terminée. L’assouplissement n’aura pas nécessairement un impact positif visible sur les marchés, averti toutefois Ipek Ozkardeskaya, car "les entreprises européennes seront aussi touchées par les conséquences de la hausse des cas dans les autres pays" sans compter le "risque de connaître d’ici peu une tendance similaire sur le continent".

De côté des indicateurs, les investisseurs ont déjà pris connaissance de l’augmentation de la production industrielle chinoise pour le deuxième mois consécutif (+4,4%), alors que les ventes au détail ont ralenti leur baisse (-2,8%) après leur plongeon au début d’année.

Aux États-Unis, l’indice d’activité manufacturière de la région de New-York est attendu à 14H30 (12H30 GMT).

Les valeurs les plus touchées par la crise tombaient le plus lourdement. Le secteur bancaire était en première ligne avec une perte de 3,26% à 14,28 euros pour Société Générale, de 3,09% à 33,89 euros pour BNP, ou de 2,22% à 7,92 eurospour Crédit Agricole.
Renault plongeait de 3,93% à 21,14 euros, et Peugeot de 3,27% à 13,03 euros.
Le luxe n’était pas épargné, avec une baisse de 4,14% à 467,15 euros pour Kering et de 3,82% à 364,65 euros pour LVMH.
Sodexo était en plus pénalisé par la dégradation de sa recommandation à "vendre" par Goldman Sachs. Le titre reculait de 5,84% à 60,26 euros.