Blablacar ouvre son capital à ses employés : un double effet pas forcément cool

Faut-il cumuler les risques en devenant actionnaire de la société qui vous emploie ? C’est une question que devront se poser les employés de Blablacar, dont le capital leur sera proposer en souscription. En cas de mauvaise passe, c’est double perte pour les employés. Emploi menacé et cours des actions qui s’effondre... D’un autre côté, si tout va bien pour votre société, en vous dévouant corps et âme à votre entreprise, vous aurez un retour de vos efforts.

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Si l’épargne salariale est sans conteste la meilleure épargne qui soit, devenir actionnaire de sa société qui nous emploie doit être effectué en pleine connaissance des risques liés. En cas de mauvaise passe de la société, non seulement vous risquez de perdre votre emploi, mais votre épargne fondra comme neige au soleil. C’est la double peine. Les exemples de mauvaises passes sont légion : Air France, Bouygues, Vinci, Saint Gobain, Natixis, ... La crise COVID a suspendu le versement des dividendes pour nombre de grandes sociétés. Le cours des actions s’est effondré et des emplois sont menacés. Les bonus versés annuellement sous forme d’actions de la société sont généralement préférés aux souscription d’actions de société, gestion des risques oblige.

 Devenir actionnaire de sa boite, un réel fantasme pour les jeunes du monde d’après ?

C’est une question personnelle. Certains employés ont besoin de motivation supplémentaire pour bien effectuer leurs missions, d’autres n’en font pas une question d’argent. Mais dans tous les cas, un système de rétribution juste doit être connu de tous au sein d’une entreprise. Et c’est bien sur ce point que Blablacar démarque sa politique d’ouverture de capital. Tous les salariés Blablacar n’ont pas accès actuellement aux actions de la société, et ce n’est pas égalitaire. Ce point sera donc balayé avec cette ouverture de capital à tous les employés.

 Souscrire à des actions à conditions préférentielles ne change rien...

«  Si vous voulez qu’un membre de votre équipe ait autant de détermination, d’esprit d’initiative, d’engagement que si l’entreprise lui appartenait, alors faites en sorte qu’elle lui appartienne en partie », explique Nicolas Brusson, cofondateur et CEO de BlaBlaCar. C’est la raison pour laquelle son entreprise ouvre son capital à ses 700 collaborateurs à partir de l’été 2021. Sans exception, 100% d’entre eux auront la possibilité de devenir actionnaire.
Toutefois, toutes les entreprises du CAC40 permettent à leurs employés de souscrire des actions à cours préférentiels. Est-ce pour autant que leurs employés sont particulièrement dévoués ? Cela ressemble plus à un avantage financier, un élément à prendre en compte pour ne pas partir à concurrence, qu’un véritable moteur, source d’une motivation hors du commun. Le surplus d’argent ne peut pas être source d’une motivation durable.


«  Cette opportunité sera valable pour les employés actuels ainsi que pour tous les futurs employés. Ceux qui n’en possèdent pas déjà recevront gratuitement un lot d’actions, après une période d’acquisition de deux ans », détaille la société qui compte recruter 260 personnes cette année. Autre signe du fort développement de son activité : BlaBlaCar a récemment levé 115 millions de dollars.

 Devenir actionnaire de sa boite, ce n’était pas un deal du monde d’avant ?

Chez Blablacar, un tiers des employés possèdent d’ores et déjà des actions maison. L’ouverture du capital sera accompagnée d’une formation sur le financement des entreprises pour les employés. Depuis la création de BlaBlaCar, en 2006, il y a eu quatre opérations de revente des actions pour ceux et celles qui en possédaient déjà. Au total, 15 millions de dollars d’actions ont ainsi déjà été revendues par 86 employés ou ex-employés (sans compter les fondateurs). Et 30 anciens employés de BlaBlaCar ont investi l’argent de la revente dans leurs projets entrepreneuriaux et sont devenus, eux-mêmes, entrepreneurs.

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